{"id":1130,"date":"2023-05-28T05:44:58","date_gmt":"2023-05-28T03:44:58","guid":{"rendered":"https:\/\/fabienlegeron.fr\/?p=1130"},"modified":"2025-03-31T21:41:51","modified_gmt":"2025-03-31T19:41:51","slug":"neuchatel-fantastic-film-festival-2015-bilan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/neuchatel-fantastic-film-festival-2015-bilan\/","title":{"rendered":"NEUCH\u00c2TEL FANTASTIC FILM FESTIVAL 2015 &#8211; Bilan"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1130\" class=\"elementor elementor-1130\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-2f013304 elementor-section-full_width elementor-section-stretched elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"2f013304\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\" data-settings=\"{&quot;stretch_section&quot;:&quot;section-stretched&quot;}\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-90d534a\" data-id=\"90d534a\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-inner-section elementor-element elementor-element-1adf3e6e elementor-section-full_width elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"1adf3e6e\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-25 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-836b747\" data-id=\"836b747\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-25 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-22e2625e\" data-id=\"22e2625e\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6ce871a6 elementor-widget__width-initial elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"6ce871a6\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><em>NB : impossible de tout voir dans la programmation pl\u00e9thorique du NIFFF ; il aura fallu faire des choix. Certains films pr\u00e9sent\u00e9s (Love, Gaz de France&#8230;) ne seront donc pas trait\u00e9s ici, ainsi des films projet\u00e9s en r\u00e9trospective. De m\u00eame, les films sont \u00e9voqu\u00e9s th\u00e9matiquement et non rang\u00e9s par s\u00e9lection.<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Neuch\u00e2tel&#8230; Son lac, ses fontaines, son banc public surdimensionn\u00e9, sa vie quotidienne \u00e0 prix suisses (ouch), et son festival du film fantastique qui f\u00eatait d\u00e9j\u00e0, en ce caniculaire mois de juillet, ses trois premiers lustres. Un \u00e9v\u00e8nement dont le prix est peut-\u00eatre bien, justement, d&rsquo;\u00eatre suisse, dans cette partie \u00ab\u00a0lib\u00e9rale\u00a0\u00bb du pays qui peut se permettre un certain iconoclasme tranquille : \u00e0 proximit\u00e9, on trouve entre autres la Chaux-de-Fonds et le mus\u00e9e Giger de Gruy\u00e8re. Hans Ruedi Giger d&rsquo;ailleurs, figure tut\u00e9laire revendiqu\u00e9e dont le nom est associ\u00e9 \u00e0 certains prix et s\u00e9lections, et dont l&rsquo;une des \u0153uvres est le logo m\u00eame de l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement. D\u00e9c\u00e9d\u00e9 cette ann\u00e9e, le festival lui rendait discr\u00e8tement hommage via la programmation d&rsquo;un documentaire sur l&rsquo;artiste,\u00a0<strong>Dark Star<\/strong>, pudique et \u00e9mouvante peinture du quotidien de l&rsquo;artiste entour\u00e9 de ses proches, collaborateurs, et de son \u0153uvre.<\/p>\n<p>15 ans donc, cet \u00e2ge suppos\u00e9ment beau, propice aux exp\u00e9rimentations, aux sporadiques moments de s\u00e9rieux grandiloquent et aux potacheries pr\u00e9pond\u00e9rantes. Et de fait, le NIFFF n&rsquo;usurpe pas sa r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des plus int\u00e9ressants festivals de film de genre en Europe, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il emprunte sans tabou toutes sortes de directions, au point m\u00eame de se disperser jusqu&rsquo;\u00e0 friser \u00a0le hors sujet. Toutefois, c&rsquo;est cet aspect bon enfant qui, s&rsquo;il fait grincer par moment des dents (de sa programmation parfois irritante, \u00e0 son village qui \u00e9voque plut\u00f4t une soir\u00e9e d&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;ing\u00e9s qu&rsquo;autre chose), fait le sel certes un peu d\u00e9sordonn\u00e9 de la manifestation. Le charme du NIFFF est de ne pas \u00eatre un machin guind\u00e9, ce que bien d&rsquo;autres festoches pourraient prendre en exemple. On voit peu, ailleurs, des salles enti\u00e8res (organisateurs compris) mettre en place des rituels de foutage de gueule des messages de sponsors \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran&#8230;<\/p>\n<p align=\"justify\">Exercice de festival oblige, le bilan de la programmation elle-m\u00eame est n\u00e9cessairement contrast\u00e9, dans la mesure o\u00f9 il dresse un panorama \u00e0 un instant T. A cet \u00e9gard, ce NIFFF confirme la tendance qu&rsquo;on pressent depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, et que nul ne peut plus vraiment ignorer cet \u00e9t\u00e9 avec l&rsquo;invasion de blockbusters clonaux et paresseux qu&rsquo;on a eus \u00e0 voir (<strong>Marvel phase 2<\/strong>,\u00a0<strong>Terminator Genisys<\/strong>,<strong>\u00a0<\/strong><strong>Jurassic World<\/strong>,\u00a0<strong>Pixels<\/strong>&#8230;\u00a0<em>What year is this ?!<\/em>): la radicalisation du cynisme des ex\u00e9cutifs (ou d&rsquo;auteurs qui jouent les je-sais-tout) d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 du spectre, et de l&rsquo;autre la r\u00e9\u00e9mergence d&rsquo;une forme de sinc\u00e9rit\u00e9, souvent mais pas n\u00e9cessairement teint\u00e9e de col\u00e8re, qui sort des interstices de la production ind\u00e9pendante, pour montrer sa frimousse sous un \u00e9clairage de plus en plus franc. Et cette ann\u00e9e se voit bien dot\u00e9e en ce qui concernait le ratio purges\/bons films, et dont on retrouve en ce moment m\u00eame une partie des fleurons \u00e0 l&rsquo;Etrange Festival. Et un de ces jours dans vos bacs \u00e0 DVDs.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><em>A l&rsquo;est&#8230; Pas grand&rsquo;chose.<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">A propos de tendances qui se confirment, le marasme routinier du cin\u00e9ma de genre extr\u00eame-oriental des ann\u00e9es 2010 se porte encore assez bien : budgets largement en de\u00e7\u00e0 des ambitions des films, inflation de mi\u00e8vrerie cul-cul et\/ou de propagandisme revendiqu\u00e9, photographie \u00e0 la ramasse (tout a l&rsquo;air d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 shoot\u00e9 en hdv ntsc)&#8230; Et Miike qui se ballade au milieu. Au rayon \u00ab\u00a0Auteurs C\u00e9l\u00e9br\u00e9s\u00a0\u00bb, Oshii d\u00e9\u00e7oit (\u00e0 nouveau) avec son prochain effort. Son\u00a0<strong>Nowhere Girl<\/strong>\u00a0est looooooong, statique, ampoul\u00e9. Avec ce paradoxe \u00e9trange chez le r\u00e9a des deux GITS, qui montre ses acteurs de films live bouger et parler sans aucun naturel, l\u00e0 o\u00f9 ses films d&rsquo;animations d\u00e9bordaient de gr\u00e2ces\u00a0naturalistes&#8230; Une excellente s\u00e9quence fantasm\u00e9e de d\u00e9mastiquage de soldats en fin de troisi\u00e8me acte ne suffit pas \u00e0 tirer le film de la glue o\u00f9 il s&#8217;embourbe, apparemment avec d\u00e9lices. Au rayon d\u00e9ceptions et v\u00eatements pour hommes, le grocoupin de tous les festivals europ\u00e9ens, Takeshi \u00ab\u00a0<strong>Visitor Q<\/strong>\u00a0\u00bb Miike, s&rsquo;en sort mieux que son compatriote : son\u00a0<strong>Yakuza Apocalypse<\/strong>\u00a0est au moins amusant pour une bonne moiti\u00e9, ce qui le classe accessoirement dans les tr\u00e8s bons Miike. Et tape m\u00eame juste avec son histoire de yakuzas vampires, m\u00eame si la parabole est grosse : d\u00e8s que tout le monde devient un vampire, plus personne n&rsquo;a besoin de suceurs de sang en costards. Mais le spectacle se laisse appr\u00e9cier pour ses quelques moments de wtf-isme, son tueur-grenouille et sa garderie de vieux mafieux tricoteurs. On lui pardonnerait presque (presque) de ne rien faire des prouesses martiales de Yayan Ruhian par ailleurs tr\u00e8s rigolo attif\u00e9 en chemise Vieux Campeur, et de finir son film, comme d&rsquo;habitude, en eau de boudin&#8230; et il faut bien avouer qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 s&rsquo;est institutionnalis\u00e9, y compris sur le march\u00e9 mondial, le Z japonais nimpeux comme genre en surpopulation, Miike perd beaucoup de sa sp\u00e9cificit\u00e9. Heureusement, il y avait Sono Sion, dont on ne parlera que du gigantesque\u00a0<strong>Tokyo Tribes<\/strong>, qui devrait \u00eatre distribu\u00e9 prochainement en France, et sur lequel il faudra se jeter pour se laver un peu les yeux et les oreilles : Com\u00e9die musicale hip-hop, guerre des gangs, pamphlet anti-trust et pacifiste au ton et \u00e0 la r\u00e9alisation incroyablement libres et ma\u00eetris\u00e9s,\u00a0<strong>Tokyo Tribes<\/strong>\u00a0est l&rsquo;un de ces tr\u00e8s rares films \u00e0 tenir plus de promesses que celles qu&rsquo;il a faites.<\/p>\n<p>Essai trop imparfait pour \u00eatre vraiment concluant (r\u00e9alisation sans r\u00e9el point de vue, rythme probl\u00e9matique),\u00a0<strong>Hollow<\/strong>\u00a0a pourtant un int\u00e9r\u00eat dans sa peinture des folklores magiques et superstitieux de l&rsquo;Asie du sud-est, et du Vietnam en particulier, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas souvent l&rsquo;occasion de voir sur des \u00e9crans occidentaux. Il est pourtant plus recommandable de ce point de vue ethnographique que de celui du cinoche pur, m\u00eame si son imagerie se d\u00e9ploie au profit d&rsquo;un discours et de personnages plus soign\u00e9s qu&rsquo;on ne le croit de prime abord. Ethnographie toujours avec le \u00ab\u00a0plus gros blockbuster ta\u00efwannais de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb,\u00a0<strong>Black and White &#8211; Dawn of Justice<\/strong>. Si le film part d&rsquo;un postulat intrigant (une organisation terroriste isole la ville pour y lib\u00e9rer un virus mortel, dans un but qui aurait amus\u00e9 Karl Kraus), le r\u00e9sultat devient hilarant \u00e0 force de collisions entre tous les codes les plus l\u00e9nifiants du film d&rsquo;action mainstream am\u00e9ricain et asiatique. De la caract\u00e9risation aux situations en passant par les grandes tirades sur le devoir ou l&rsquo;importance d&rsquo;avoir des amis (!!!), le film de Tsai Yueh-Hsun semble s&rsquo;\u00e9chiner \u00e0 \u00eatre une caricature de lui-m\u00eame. Mangeons plut\u00f4t cor\u00e9en, o\u00f9 les saveurs restent plus \u00e9pic\u00e9es :\u00a0<strong>Office<\/strong>, premi\u00e8re r\u00e9alisation Hong\u00a0<strong>The Chaser<\/strong>\u00a0Won-Chan, est bien plus qu&rsquo;un thriller antisocial tendu. Il d\u00e9peint et interroge surtout l&rsquo;horreur institutionnalis\u00e9e du monde des open spaces, du middle management et des grandes capitales, son \u00e9crasement des faibles, des stagiaires, et de ceux qui glissent une fois de trop. Soci\u00e9t\u00e9 dure qui cr\u00e9e des comportements durs, la Cor\u00e9e du Sud continue de nous donner des cin\u00e9astes forts qui tendent un miroir amplifi\u00e9 mais exact au spectateur oublieux. En attendant que le Japon se r\u00e9veille on a de quoi se titiller les nerfs.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><em>Les pr\u00e9cieuses ridicules<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">A certains \u00e9gards, un festival actif met bien en \u00e9vidence l&rsquo;affrontement entre les deux forces fondamentales qui sous-tendent la cr\u00e9ation au cin\u00e9ma, la sinc\u00e9rit\u00e9 et le cynisme. Combat souvent amusant \u00e0 suivre tant le second tend \u00e0 rev\u00eatir les oripeaux de la premi\u00e8re. Amphigouris auteurisants, v\u00e9h\u00e9mences adolescentes et flatteries du snobisme d&rsquo;un certain public de professionnels se retrouvent ainsi dans des proportions impressionnantes dans les festivals, bo\u00eetes de Petri au milieu riche et concentr\u00e9 profitable \u00e0 \u00a0tout ce qui pousse et sporule &#8211; y compris les moisissures les moins nobles. Comme dans tout festival, le NIFFF n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;abri des g\u00e9nies autoproclam\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;infatuation vaine, na\u00efve, et m\u00eame pas d\u00e9l\u00e9t\u00e8re. Tout cela se veut scandaleux ou d\u00e9bordant d&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9rangeante, \u00e7a ne suscite qu&rsquo;un ennui au mieux bienveillant. Avec un petit twist id\u00e9ologique amusant cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Paradoxalement, c&rsquo;est sans doute la d\u00e9cision un peu d\u00e9magogique de convoquer un jury exclusivement f\u00e9minin (il est \u00e9trange bien que tr\u00e8s contemporain de cr\u00e9er des exclusivit\u00e9s de ce style dans le but de promouvoir l&rsquo;\u00e9galitarisme), qui aura aliment\u00e9 une partie des perles de cet acabit cette ann\u00e9e. Le pouvoir, au sein d&rsquo;un festival, n&rsquo;est pas au jury mais au comit\u00e9 de programmation : on ne vote apr\u00e8s tout que sur ce qu&rsquo;on nous donne \u00e0 voir. Ce n&rsquo;est donc pas la f\u00e9minit\u00e9 (notion floue et prot\u00e9iforme) qu&rsquo;on interrogera, mais l&rsquo;id\u00e9e paternaliste monobloc que d&rsquo;aucuns se font de la f\u00e9minit\u00e9 et de ses valeurs. Celle-l\u00e0 m\u00eame, sous pr\u00e9texte d&rsquo;une \u00e9mancipation qui ne lui doit rien, d&rsquo;o\u00f9 est sortie une s\u00e9lection marqu\u00e9e par quelques m\u00e9trages qui caricaturent les pr\u00e9occupations \u00ab\u00a0de filles\u00a0\u00bb&#8230; Ainsi de\u00a0<strong>The Falling<\/strong>\u00a0de Carol Morley, film sur l&rsquo;hyst\u00e9rie ne parvenant qu&rsquo;\u00e0\u00a0<em>faire montre<\/em><em>\u00a0<\/em>d&rsquo;hyst\u00e9rie, qui culmine dans une sorte de\u00a0<strong>Footloose<\/strong>\u00a0de la crise de t\u00e9tanie, puis dans la mise en sc\u00e8ne sur un ton perdu et farouchement faux d&rsquo;un drame familial t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 avec inceste pr\u00e9sum\u00e9 et (tentative de) suicide. Les images sont jolies et les actrices convaincues, mais Dieux ! Que c&rsquo;est p\u00e9nible \u00e0 voir ! Dans une lettre en apparence plus moderne et trash mais touillant le m\u00eame marigot de complaisance,\u00a0<strong>Excess Flesh<\/strong>\u00a0de Patrick Kennely se montre d&rsquo;une rare gratuit\u00e9, m\u00eame dans le monde du br\u00fblot revendicatif pour jeune occidentale ais\u00e9e. Il ne suffit pas de montrer des personnages d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment unidimensionnels (une fille mince m\u00e9chante et une moins en surpoids victime, quelle finesse d&rsquo;analyse) hurlant, baisant et se gavant (longuement), puis vomissant (longuement \u00e9galement) et tentant de s&rsquo;entretuer (mollement), pour s&rsquo;acheter une street cr\u00e8d&rsquo; de r\u00e9veilleur de consciences. 90 minutes pas super bien film\u00e9es de cris et m\u00e2chonnements en culotte sale ne font pas de vous Gaspard No\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Apparemment plus pos\u00e9, le germanique\u00a0<strong>Homesick<\/strong>\u00a0irrite pourtant tout autant par sa pr\u00e9visibilit\u00e9 et l&rsquo;orgueil petit-bourgeois de son projet. Histoire d&rsquo;une jeune violoncelliste qui sombre dans une joute parano avec sa voisine \u00e2g\u00e9e dans son nouvel immeuble, le film de Jakob Erwa trahit tr\u00e8s vite ce qu&rsquo;il est, un petit pensum affect\u00e9 de bobo dont la plus grande peur semble \u00eatre que les habitants des quartiers populaires qu&rsquo;il gentrifie se rebiffent un peu&#8230;\u00a0\u00c7a part mal, avec l&rsquo;incapacit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on est mis d&rsquo;avoir de l&#8217;empathie pour une h\u00e9ro\u00efne qui se pr\u00e9sente presque d&#8217;embl\u00e9e comme une post-adolescente autocentr\u00e9e. Et au fil de p\u00e9rip\u00e9ties trop \u00e9videntes pour que le d\u00e9monstratif twist hallucinatoire ne soit pas vite \u00e9vent\u00e9 (cf. le chaton), on se rend vite compte que cette autophilie v\u00e9tilleuse est celle du film m\u00eame, qui se donne des airs d&rsquo;\u00e9muler la clinique de Polanski et Hanneke \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un seul gimmick r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;envi : le plan fixe et large, qui reste en place quand un personnage sort du champ, pour nous laisser un cadre vide avec des voix off. Quelle joie de regarder ces murs gris\u00e2tres qui nous crient \u00ab\u00a0<em>je suis un auteur!<\/em>\u00a0\u00bb pendant de longues minutes !<\/p>\n<p align=\"justify\">Quelques films de gros malins fleurissent encore dans cette s\u00e9lection, sur lesquels on passera avec mansu\u00e9tude, car certains ratent leur cible par simple m\u00e9connaissance de leurs enjeux narratifs ou th\u00e9matiques. L&rsquo;espagnol\u00a0<strong>The Corpse of Anna Fritz<\/strong>\u00a0(des viandards violent le cadavre d&rsquo;une petite starlette et sont pris au d\u00e9pourvu quand la fille se r\u00e9veille) a ainsi des arguments dans sa misanthropie apparente, mais \u00e9choue pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de se conformer aux codes les plus l\u00e9nifiants dans sa deuxi\u00e8me moiti\u00e9 revancharde, qui laisse le spectateur la conscience dans les pantoufles. Sur un sujet similaire, on reverra de pr\u00e9f\u00e9rence le bien plus d\u00e9l\u00e9t\u00e8re\u00a0<strong>Dead Girl<\/strong>. De m\u00eame de\u00a0<strong>Scherzo Diabolico<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>du mexicain Adrian Bogliano, dont on ne sait jamais s&rsquo;il fustige r\u00e9ellement le cynisme de son protagoniste crapuleux qui kidnappe une jeune fille pour monter dans l&rsquo;\u00e9chelle sociale, ou s&rsquo;il partage en fait la petitesse de ses pr\u00e9occupations ; question encore une fois soulev\u00e9e par un dernier acte vengeur qui ne cherche qu&rsquo;\u00e0 annuler les sentiments inconfortables qu&rsquo;aurait pu susciter la s\u00e9ance, presque m\u00eame \u00e0 s&rsquo;en excuser&#8230; On passera aussi sur le snobisme estampill\u00e9 \u00ab\u00a0<em>rions des bouseux<\/em>\u00a0\u00bb d&rsquo;un\u00a0<strong>Der Bunker<\/strong>, qui se veut un conte bizarre et d\u00e9viant, mais ressemble surtout \u00e0 un \u00e9pisode des Deschiens en allemand, quelques moments amusants ne parvenant pas \u00e0 masquer le go\u00fbt de m\u00e9pris citadin de la chose. Peu \u00e0 voir aussi du boursouffl\u00e9\u00a0<strong>Der Polder<\/strong>, qui recycle dans le d\u00e9sordre tout ce qui s&rsquo;est fait en cyberpunk Dickien depuis 25 ans, le sens de l&rsquo;unit\u00e9 noy\u00e9 sous la satisfaction de se trouver intelligents. Plastiquement, \u00e7a ressemble vaguement \u00e0 un DTV post-<strong>Hackers<\/strong>\u00a0qui aurait \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 en 1998, sc\u00e9naristiquement \u00e0 un film de fin d&rsquo;ann\u00e9e de licence. Un peu comme\u00a0<strong>Crumbs<\/strong>, imbitable et pr\u00e9tentiard dans son post-modernisme d&rsquo;expo d&rsquo;art contemporain, et qui fait illusion pendant deux bobines avant de tourner s\u00e9rieusement en rond dans son contentement de lui-m\u00eame et son affectation arty.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><em>Du travail honn\u00eate fait honn\u00eatement<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Heureusement, on eu surtout (et \u00e0 quel point) l&rsquo;occasion d&rsquo;aimer le cinoche lors de cet \u00e9v\u00e8nement surchauff\u00e9 de canicule alpine. Et d&rsquo;abord, parmi les m\u00e9trages probl\u00e9matiques \u00e9voqu\u00e9s plus hauts les films humbles, ceux qui cherchent avant tout \u00e0 raconter une histoire sans se faire mousser. Ces travaux d&rsquo;artisans qui ne pr\u00e9tendent pas au g\u00e9nie autocrate, et vous font retrouver foi dans le m\u00e9dium. C&rsquo;est la s\u00e9lection de courts internationaux qui, \u00e9tonnamment, montrait le plus de ces candidats \u00e0 l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9&#8230; D\u00e9licatesse et m\u00eame tendresse y \u00e9taient manifestement le fil rouge. Aucun des films pr\u00e9sent\u00e9s n&rsquo;y regarde ses personnages ou son action de haut, y compris le tr\u00e8s l\u00e9ch\u00e9 et apparemment distant\u00a0<strong>Triptyque<\/strong>\u00a0de C. Mikolajczak, ou\u00a0<strong>Juliet<\/strong>\u00a0de Marc-Henry Boulier qui part pourtant comme un court \u00ab\u00a0astucieux\u00a0\u00bb \u00e0 la fran\u00e7aise (lire : une grolanderie mais bien film\u00e9e). Ce dernier , sous ses dehors de critique sociopolitique facile \u00e0 base de produits Apple tourn\u00e9s en ridicule, va plus loin que le discours imm\u00e9diat auquel se cantonne le plus souvent l&rsquo;exercice, et finit par d\u00e9peindre un monde \u00e9trangement plausible de machines fonctionnelles mais vides de sens : le n\u00f4tre, +1. On retient encore le tr\u00e8s sympatoche\u00a0<strong>Aun Hay Tiempo<\/strong>\u00a0(apr\u00e8s\u00a0<strong>Timecrimes<\/strong>, on va finir par croire l&rsquo;Espagne obs\u00e9d\u00e9e par les boucles temporelles), o\u00f9 un portail ram\u00e8ne un type 40 secondes en arri\u00e8re pour lui permettre d&rsquo;apprendre \u00e0 ne pas \u00eatre un cr\u00e9tin, et le tr\u00e8s beau et d\u00e9licat\u00a0<strong>Dive<\/strong>\u00a0de M. Saville (Nouvelle Z\u00e9lande) qui traite de sujets lourds et complexes &#8211; le deuil et la tentation du suicide &#8211; avec une \u00e9conomie de moyens narratifs et une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 (au sens premier du mot) trop rares dans le court contemporain.<\/p>\n<p align=\"justify\">Du film honn\u00eate et modeste, il y en avait beaucoup au NIFFF. Du s\u00e9rieux pas pompeux, du l\u00e9ger pas d\u00e9bilitant, de l&rsquo;\u00e9motion sans mi\u00e8vrerie. Cette modestie est en effet celle de l&rsquo;attitude mais pas de l&rsquo;intention ou des ambitions :\u00a0<strong>Robot Overlords<\/strong>, par exemple, met en sc\u00e8ne l&rsquo;occupation \u00e0 \u00e9chelle apocalyptique de la Terre par des robots extraterrestres et compte \u00e0 son casting Ben Kingsley et Gillian Anderson. Mais c&rsquo;est son ton profond\u00e9ment humain, l&rsquo;astuce dont il fait preuve pour transcender son budget et son sujet, et le fait qu&rsquo;il ne regarde jamais ce dernier sans le s\u00e9rieux qui sied (\u00e7a reste de la SF de bout en bout), qui confirment tout le bien qu&rsquo;on pensait d\u00e9j\u00e0 de John Wright depuis le tr\u00e8s bon\u00a0<strong>Grabbers<\/strong>. Dans le m\u00eame esprit,\u00a0<strong>Stung<\/strong>\u00a0de Benni Diez est un B tr\u00e8s recommandable, aux personnages savamment arch\u00e9typaux et \u00e0 l&rsquo;humour bien dos\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il n&rsquo;annule pas les enjeux au premier degr\u00e9 du film. Il pose son projet avec vigueur en recourant notamment \u00e0 beaucoup d&rsquo;effets physiques pour ses gu\u00eapes mutantes, et en embrassant pleinement son statut de<em>creature feature<\/em>\u00a0du samedi soir. Et vivement le moment o\u00f9 tous ces film inonderont les bacs de ta FNAC, parce que des samedi soirs bien remplis, on en aura quelques uns de qualitatifs, et \u00e7a va nous changer : dans le domaine du thriller notamment, on saluera\u00a0<strong>Emelie<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>de Michael Thelin, un\u00a0<em>Babysitter gone wrong<\/em><em>\u00a0<\/em>qui ose aborder frontalement le potentiel de d\u00e9viance de son sujet et instille une ambiance oppressante de bout en bout (interpr\u00e9tation gla\u00e7ante de Sarah Bolger)\u00a0 tout en posant, en creux mais avec acuit\u00e9, la question de notre repr\u00e9sentation de l&rsquo;adolescente et la fa\u00e7on dont elle a \u00e9t\u00e9 fauss\u00e9e par trois d\u00e9cennies de fictions t\u00e9l\u00e9 o\u00f9 des trentenaires plus ou moins juv\u00e9niles d&rsquo;aspect jouent des lyc\u00e9ens&#8230;<\/p>\n<p align=\"justify\">La com\u00e9die\u00a0<strong>Ava&rsquo;s Possessions<\/strong>\u00a0de J. Galland, elle, part d&rsquo;un postulat malin \u00e9trangement jamais vraiment \u00e9voqu\u00e9 sauf peut-\u00eatre dans le court \u00e9pilogue du film s\u00e9minal de Friedkin : une fois lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;un exorcisme, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait de sa vie chamboul\u00e9e par les blasph\u00e8mes, le cul d\u00e9brid\u00e9, les mutilations et les meurtres commis sous l&#8217;emprise du d\u00e9mon ? Ava d\u00e9couvre ainsi qu&rsquo;elle va devoir se r\u00e9habiliter via un programme des\u00a0<em>Poss\u00e9d\u00e9s Anonymes<\/em>, avec l&rsquo;ensemble des\u00a0<em>twelve steps<\/em>\u00a0aff\u00e9rents, qui va la mener \u00e0 d\u00e9couvrir les tenants et aboutissants de sa possession par un d\u00e9mon&#8230; Enlev\u00e9 et bien \u00e9crit, c&rsquo;est un vrai petit bonheur de com\u00e9die noire. Moins \u00e9vidente pour des publics latins mais dot\u00e9e d&rsquo;un c\u0153ur gros comme \u00e7a, la com\u00e9die romantique\u00a0<strong>Lovemilla<\/strong>\u00a0excuse largement ses maladresses de rythme par son ouverture sur toutes sortes d&rsquo;imaginaires (mention sp\u00e9ciale pour les enqu\u00eateurs du dimanche en guerre contre un supervilain \u00e9pandeur d&rsquo;E-coli) et son ton humaniste qui le rend extr\u00eamement attachant. Une sorte d&rsquo;alchimie \u00e9trange lui permet de faire du \u00ab\u00a0post-moderne candide\u00a0\u00bb, ce qu&rsquo;on savait d\u00e9j\u00e0 possible de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique avec par exemple un Kevin Smith, autre gros nounours plein de tendresse cach\u00e9 derri\u00e8re des vannes de potache.<\/p>\n<p align=\"justify\">En apparence plus parodique,\u00a0<strong>Turbo Kid<\/strong>\u00a0s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un excellent post-apo \u00e0 l&rsquo;univers tr\u00e8s coh\u00e9rent. Ainsi son hommage \u00e0 la candeur du cin\u00e9ma pop des ann\u00e9es 80 n&rsquo;a rien de postmoderne ou de m\u00e9prisant envers cette candeur, dans la veine moqueuse d&rsquo;un\u00a0<strong>Kung Fury<\/strong>. Au contraire, il suit avec la m\u00eame \u00ab\u00a0na\u00efvet\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e\u00a0\u00bb que ses mod\u00e8les les imageries et la logique de son univers : et en effet, dans un futur sans carburant, tout le monde se baladera sans doute en VTT. Bourr\u00e9 d&rsquo;id\u00e9es de script et d&rsquo;imagerie inventives, Turbo Kid ne souffre jamais vraiment de son budget qu&rsquo;on devine restreint, et qu&rsquo;il int\u00e8gre dans sa propre imagerie. Dans une lettre plus gentiment trash,\u00a0<strong>Deathgasm<\/strong>\u00a0 a tout pour devenir la nouvelle bande de chevet des m\u00e9talleux qui se prennent pas trop au s\u00e9rieux (c&rsquo;est-\u00e0-dire TOUS nos amis \u00a0m\u00e9talleux, hors les 0,3% dont les loisirs comportent l&rsquo;incendie volontaire d&rsquo;\u00e9glises scandinaves apr\u00e8s un en-cas vegan\/straight edge), en supplantant m\u00eame le m\u00e8tre-\u00e9talon du sujet qu&rsquo;\u00e9tait\u00a0<strong>Little Nicky<\/strong>. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un loser adolescent qui, tout \u00e0 son enthousiasme d&rsquo;avoir un groupe de metal et un nouveau pote hardcore, se retrouve \u00e0 invoquer par erreur un d\u00e9mon apocalyptique qui infeste son village de zombies agressifs. Tout le monde panique ou s&rsquo;entred\u00e9vore, sauf nos h\u00e9ros pour qui l&rsquo;aubaine est trop belle de d\u00e9mastiquer tout ce beau monde dans une d\u00e9bauche de gore et d&rsquo;armes improvis\u00e9es (dont une collection impressionnante de sextoys trouv\u00e9s chez la famille d&rsquo;accueil d\u00e9vote). ET avec un montage et une bande son \u00e0 l&rsquo;avenant, et une coh\u00e9rence dans l&rsquo;imagerie qui d\u00e9cuple le potentiel comique du film (bref tout ce qu&rsquo;on fait trop rarement chez nous, \u00e0 bon entendeur). C&rsquo;est comme voir une version\u00a0<em>live<\/em><em>\u00a0<\/em>de\u00a0<strong>Metalopocalypse<\/strong>\u00a0: c&rsquo;est merveilleux. Pr\u00e9voir des binouzes et des live de Pantera pour compl\u00e9ter la s\u00e9ance.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un mot en passant sur<strong>\u00a0<\/strong><strong>Maggie<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>(pr\u00e9sent\u00e9 au NIFFF apr\u00e8s sa sortie francophone), le joli r\u00e9cit zombiesque qui a souffert de beaucoup d&rsquo;<em>a priori<\/em><em>\u00a0<\/em>et de m\u00e9pris du seul fait de la pr\u00e9sence de Schwarzie \u00e0 son cast.\u00a0 Le film subit manifestement la mauvaise r\u00e9putation de sa t\u00eate d&rsquo;affiche, vaguement justifi\u00e9e par l&rsquo;autoparodie pataude \u00e0 laquelle l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 se livre depuis 10 ans.\u00a0<strong>Maggie<\/strong>, pourtant, est un tr\u00e8s beau film, pas pr\u00e9tentieux pour un sou, qui suit les pas d&rsquo;un\u00a0<strong>I, Zombie Chronicles of Pain<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>pour d\u00e9peindre le ph\u00e9nom\u00e8ne sous l&rsquo;angle intimiste de la maladie incurable. Il le fait avec d\u00e9licatesse, sinon avec classe, et m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre vu sans cynisme. Et Arnold y joue tr\u00e8s bien, na.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><em>Prends \u00e7a !<\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Et puis, tout de m\u00eame, quelques films importants, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re. D&rsquo;abord un polar curieux, qui part graduellement vers une \u00e9tranget\u00e9 quasi-fantastique :\u00a0<strong>Bridgend<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>est un film particulier dans la mesure o\u00f9, contrairement \u00e0 la plupart des films \u00ab\u00a0bas\u00e9s sur des faits r\u00e9els\u00a0\u00bb, le fait que l&rsquo;histoire soit vraie ajoute \u00e0 la bizarrerie ressentie plut\u00f4t que de la normaliser. Et le fait divers dont s&rsquo;inspire le danois Jepper Ronde est d&rsquo;autant plus troublant qu&rsquo;il est encore en cours : dans un bled du Pays de Galles, une \u00e9pid\u00e9mie de suicides frappe les jeunes gens sans qu&rsquo;on parvienne \u00e0 se l&rsquo;expliquer. Si le script joue la langueur dans les rapports entre l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne et son p\u00e8re policier fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s, c&rsquo;est pour mieux instiller la confusion face \u00e0 cette communaut\u00e9 de jeunes gens soud\u00e9s par des rituels, des modes de communication et des valeurs opaques pour qui ne fait pas partie de leur groupe ou n&rsquo;a pas leur \u00e2ge. Comme dans la vraie vie, l&rsquo;explication ne viendra jamais, et surtout pas dans le final, qui convoque par la bande les reliquats de paganisme de l&rsquo;Angleterre rurale, qui irriguent un cin\u00e9ma incroyable depuis dix ans (on pense m\u00eame furtivement au\u00a0<strong>Kill List<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>de Ben Wheatley, c&rsquo;est dire).<\/p>\n<p align=\"justify\">Avatar r\u00e9cent de la nouvelle sc\u00e8ne horrifique ind\u00e9pendante des Etats Unis, le formidable\u00a0<strong>We Are Still Here<\/strong>\u00a0de Ted Geoghegan est un film de fant\u00f4mes qui a (enfin!) le bon go\u00fbt de se d\u00e9tourner de toutes les infortunes de l&rsquo;esth\u00e9tique qui gangr\u00e8nent le fantastique surnaturel post-<strong>Paranormal Activity :<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>jumpscares, persos insipides, temps morts sur 95% du m\u00e9trage, imagerie au ras du cortex d&rsquo;un ado de 13 ans&#8230; Ici, ce qui d\u00e9marre comme une d\u00e9marcation de Fulci (des parents s&rsquo;installent \u00e0 la campagne pour faire le deuil de leur fils, et tombent face \u00e0 des pr\u00e9sences hostiles) prend tr\u00e8s vite de l&rsquo;envol par un script malin (l&rsquo;univers, notamment l&rsquo;histoire de la maison et du village, est riches de virtualit\u00e9s), une tr\u00e8s belle interpr\u00e9tation et surtout le fait de ne jamais se cacher derri\u00e8re son petit doigt \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de raconter une histoire surnaturelle. Et lorsque les villageois, les fant\u00f4mes et les protagonistes s&rsquo;affrontent, la tension \u00e9touffante patiemment amass\u00e9e dans les premiers actes explose de fa\u00e7on d\u00e9complex\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 un plan et une r\u00e9plique finaux absolument magnifiques dans leur simplicit\u00e9. Un apaisement (relatif) qu&rsquo;on ne trouvera pas dans le hargneux et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9\u00a0<strong>Some Kind of Hate<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>de A. Mortimer, sorte de trait\u00e9 sur la contagion irr\u00e9m\u00e9diable de la haine, de la douleur et de la ranc\u0153ur, sous forme d&rsquo;un slasher surnaturel \u00e0 la crois\u00e9e de<strong>Nightmare on Elm Street<\/strong>\u00a0et\u00a0<strong>Ju-On<\/strong>. On y voit le fant\u00f4me d&rsquo;une adolescente harcel\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la mort se venger par un mode op\u00e9ratoire visc\u00e9ral : les blessures quelle s&rsquo;inflige se r\u00e9percutent imm\u00e9diatement sur ses victimes, dans une revanche qui confine \u00e0 la folie totalitaire lorsque celle-ci dit \u00e0 l&rsquo;un des ados vivants auxquels elle s&rsquo;est attach\u00e9e \u00ab\u00a0<em>ils sont tous les m\u00eames<\/em>\u00ab\u00a0. Que l&rsquo;aspect whodunit soit un peu en retrait, et que le h\u00e9ros soit un peu falot, n&rsquo;\u00e9clipse en rien la force d&rsquo;un vrai film d&rsquo;horreur au premier degr\u00e9, brutal mais pas complaisant (Dieux comme \u00e7a fait du bien), et moins primaire qu&rsquo;il n&rsquo;y parait. La rh\u00e9torique autour des jeunes filles qui s&rsquo;entaillent, et des ramifications psychologiques et sociales du ph\u00e9nom\u00e8ne, est loin d&rsquo;\u00eatre anodine, et blanchit un film efficace de tout soup\u00e7on de nihilisme.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pas fantastique pour deux ronds mais emball\u00e9 avec la rage et la ferveur des vrais arpenteurs d&rsquo;imaginaires,\u00a0<strong>Green Room<\/strong>\u00a0s&rsquo;est accapar\u00e9 le gros des r\u00e9compenses. Et il faut dire qu&rsquo;apr\u00e8s son\u00a0<strong>Blue Ruin<\/strong>\u00a0qui a assomm\u00e9 tout le monde d&rsquo;un grand coup au plexus, Jeremy Saulnier tape encore tr\u00e8s tr\u00e8s fort. Green Room est sans doute le meilleur survival sorti depuis 5 ans, parce qu&rsquo;il est non seulement efficace et jusqu&rsquo;au-boutiste, inventif dans la caract\u00e9risation autant que dans la violence, mais surtout parce qu&rsquo;il suit sa propre logique sans en d\u00e9vier pour de fallacieuses raisons de politiquement correct : quand on oppose des punks \u00e0 des skins (les premiers sont t\u00e9moins malgr\u00e9 eux d&rsquo;un meurtre perp\u00e9tr\u00e9 par les seconds, dans le \u00ab\u00a0club\u00a0\u00bb o\u00f9 ils viennent de jouer), on sait qu&rsquo;on ne va pas donner dans la sucrerie, mais il est tentant \u00a0de jouer la carte de la jubilation facile \u00e0 l&rsquo;usage exclusif du petit blanc antifa fan de Minor Threat. C&rsquo;est l&rsquo;erreur que commettait par moments le r\u00e9cent\u00a0<strong>Un Fran\u00e7ais<\/strong>. Saulnier, lui, chatouille cette fibre avec ses personnages au demeurant attachants, quand ils jouent l&rsquo;\u00e9ternel\u00a0<strong>Nazi Punks Fuck Off<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>(en entier !) devant un parterre de neuskis pas conquis. Il montre pourtant tr\u00e8s vite que ce monde est plus complexe dans ses lignes de force, en alliant une skin avec nos h\u00e9ros, et surtout en nous montrant un patriarche hautement inconfortable en la personne de Patrick Stewart froid et efficace comme un g\u00e9n\u00e9ral assi\u00e9g\u00e9 lorsque les rapports de forces \u00e9voluent, et au charisme corrosif. Sec et tendu mais ne perdant jamais de vue l&rsquo;humanit\u00e9 de chacun de ses personnages au profit de leur seule id\u00e9ologie (l&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas le d\u00e9saccord entre les factions, mais prosa\u00efquement l&rsquo;\u00e9limination de t\u00e9moins),\u00a0<strong>Green Room<\/strong>\u00a0est un tr\u00e8s beau moment de cinoche. Esp\u00e9rons que \u00e7a lui vaudra une sortie salles.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le monde des humains n&rsquo;est pas bien bon ; c&rsquo;est entendu d\u00e8s les premi\u00e8res images de\u00a0<strong>The Invitation<\/strong>\u00a0de Karyn Kusama, enfin lib\u00e9r\u00e9 des jougs d&rsquo;ex\u00e9cutifs qui la tenaient jadis sur des productions cossues mais mal pens\u00e9es (<strong>Aeon Flux<\/strong>&#8230;Haheum.).\u00a0<strong>The Invitation<\/strong>\u00a0est le dernier repr\u00e9sentant en date d&rsquo;un courant jeune de films, \u00a0aux contours flous, qu&rsquo;on peut qualifier de perplexes face \u00e0 un \u00e9tat terminal d&rsquo;anomie de nos soci\u00e9t\u00e9s qui rappelle les derniers jours de Rome. On peut le voir comme le compl\u00e9mentaire du magistral\u00a0<strong>Cheap Thrills<\/strong>d&rsquo;E.L. Katz : si celui-l\u00e0 parle de d\u00e9tresse \u00e9conomique et sociale au final librement consentie par ses victimes m\u00eame, celui-l\u00e0 prend le m\u00eame d\u00e9cor (les hauts de Los Angeles, nadir du bullshit CSP+) pour mettre en \u00e9vidence une forme de d\u00e9tresse spirituelle et m\u00e9taphysique, inh\u00e9rente \u00e0 un certain occident riche \u00e9lev\u00e9 depuis le baby boom dans un narcissisme forcen\u00e9. Dans ce supermarch\u00e9 des sectes, coaches de vie \u00a0et cultes en tous genres qui sont pour la plupart les faux-nez de la m\u00eame c\u00e9l\u00e9bration de soi en tant qu&rsquo;enfant tout-puissant, n&rsquo;importe quelle soir\u00e9e informelle peut tourner au recrutement : au mieux ce sera une pyramide de Ponzi, au pire un trip \u00e0 la Jim Jones. Ici le suspense tourne bien autour de la perception du protagoniste (il revoit son ex pour la premi\u00e8re fois depuis la mort de leur enfant, alors qu&rsquo;elle l&rsquo;invite \u00e0 un myst\u00e9rieux\u00a0<em>get-together<\/em>), et consiste \u00e0 savoir s&rsquo;il est parano\u00efaque ou\u00a0<em>s&rsquo;il a raison d&rsquo;\u00eatre parano\u00efaque<\/em>. La mise en sc\u00e8ne pose bien ses enjeux en en joue habilement via un rythme lancinant et une construction progressive des espaces, le luxe oppressant de la maison appuyant parfaitement l&rsquo;ambiance fun\u00e8bre et lourde de menace de l&rsquo;ensemble. On nous laisse cependant peu de doute sur la nature des \u00e9v\u00e8nements (la f\u00eate pue le danger et la mort d\u00e8s le d\u00e9part), qui semblent contaminer de mani\u00e8re pr\u00e9emptive toute la r\u00e9gion (l&rsquo;\u00e9pisode du coyote). Pourtant, lorsque les \u00e9v\u00e8nements prennent, le spectateur est effectivement surpris autant par la rapidit\u00e9 de la d\u00e9gradation que par son aspect total et sans appel, jusqu&rsquo;\u00e0 une conclusion qui est moins une cauda que la derni\u00e8re touche d&rsquo;un r\u00e9quisitoire. A voir avec toutes ses antennes dress\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Chaque festival a ses injustices : pourtant remarqu\u00e9 partout o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9,\u00a0<strong>Spring<\/strong>\u00a0n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9 au NIFFF par aucun honneur&#8230; Erreur, car c&rsquo;est un joyau d&rsquo;autant plus chatoyant qu&rsquo;il montre ses qualit\u00e9s remarquables sans ostentation, qu&rsquo;il se donne \u00e0 voir avec la simplicit\u00e9 d&rsquo;une rencontre avec une biche dans un sous-bois. La m\u00e9taphore est intentionnelle, tant le terme \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb est le mieux \u00e0 m\u00eame de d\u00e9crire l&rsquo;\u00e9quilibre extraordinaire du film. Quelqu&rsquo;un a \u00e9crit jadis que la beaut\u00e9 de la nature nous cache son abjection. Le po\u00e8me de Benson et Moorhead (deux r\u00e9as \u00e0 suivre de tous nos yeux) nous affirme la v\u00e9rit\u00e9 de cette intuition, mais celle aussi de sa r\u00e9ciproque. En de longs plans naturalistes et ma\u00eetris\u00e9s, l&rsquo;histoire de ce jeune homme qui rencontre une femme \u00e0 la nature myst\u00e9rieuse et en tombe amoureux touche au c\u0153ur du spectateur \u00e0 de multiples reprises, sans agressivit\u00e9 mais avec r\u00e9solution. D\u00e9florer plus avant l&rsquo;histoire serait sinon criminel, en tous cas impoli, on pr\u00e9cisera seulement qu&rsquo;il faut tenir la premi\u00e8re bobine, volontairement \u00e0 se pendre, pour accompagner le protagoniste dans son voyage en Italie. Le reste parvient \u00e0 faire d&rsquo;un argument lovecraftien cr\u00e9dible, une ode d\u00e9sarmante \u00e0 l&rsquo;amour et la beaut\u00e9. Ne tournons pas autour du pot : ce film est un miracle d&rsquo;intelligence et d&rsquo;\u00e9motion, racontant \u00e0 la fois une histoire d&rsquo;amour, un r\u00e9cit d&rsquo;accession \u00e0 la maturit\u00e9 ET une fresque fantastique qui n&rsquo;a jamais honte d&rsquo;elle-m\u00eame, et m\u00eale tous ces \u00e9l\u00e9ments de mani\u00e8re tr\u00e8s organique en y insufflant une vie et une cr\u00e9dibilit\u00e9 dont la plupart de nos r\u00e9alisateurs germanopratins n&rsquo;oseraient m\u00eame pas r\u00eaver. Les dialogues, le jeu des acteurs (tous parfaits) et la temporisation des actions sont tels qu&rsquo;on a constamment l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre au milieu de ces gens, des moments les plus anodins aux visions les plus baroques. Certains moments, par exemple le ralenti de l&rsquo;arriv\u00e9e dans le village, ou le voyage \u00e0 Pompe\u00ef, sont port\u00e9s par cet art pr\u00e9cis et sinc\u00e8re de mise en sc\u00e8ne qui propulse l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ouvrage, pour devenir des moments de perfection cin\u00e9matographique qui vous parlent directement, avec calme et \u00e9vidence. On ressort de la s\u00e9ance le sourire aux l\u00e8vres, la larme \u00e0 l&rsquo;\u0153il, avec l&rsquo;envie de tomber amoureux et de rester au soleil pour toujours. Qu&rsquo;il est bon de vivre \u00e7a au cin\u00e9ma \u00e0 nouveau, cette \u00e9motion juv\u00e9nile qui pourrait presque ressembler au bonheur si nous ne nous targuions pas d&rsquo;\u00eatre des hommes d\u00e9tromp\u00e9s. Quand un film fait tomber bri\u00e8vement, d\u00e9licatement, les \u00e9cailles de snobisme de vos yeux et vous fait revoir le cin\u00e9ma comme un miracle ou un lever de soleil \u00e0 nouveau, on dit simplement merci.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bon, les distributeurs, vous nous sortez tout \u00e7a cette ann\u00e9e, cette fois-ci ?<\/p>\n<p align=\"justify\">-2015<\/p>\n<p><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-25 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-20146373\" data-id=\"20146373\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-658fe114 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"658fe114\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">- D'autres textes<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-660a7b78 elementor-widget elementor-widget-wp-widget-nav_menu\" data-id=\"660a7b78\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"wp-widget-nav_menu.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"menu-menu-textes-container\"><ul id=\"menu-menu-textes\" class=\"menu\"><li id=\"menu-item-3090\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-3090\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/06\/06\/2310\/\">NICE FICTIONS 2017 : Causerie sur Lovecraft avec des lettr\u00e9s<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1429\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1429\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/29\/snake-plisken-john-nada-napoleon-wilson-de-lanarchisme-chez-john-carpenter\/\">Snake Plisken, John Nada, Napoleon Wilson : de l\u2019anarchisme chez John Carpenter ?<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1394\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1394\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/hollywood-monsters\/\">HOLLYWOOD MONSTERS<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1401\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1401\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/le-locataire-r-polanski-1976\/\">Le locataire \u2013 R. Polanski \u2013 1976<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1391\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1391\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/ghostland-pascal-laugier\/\">Ghostland \u2013 Pascal Laugier<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1403\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1403\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/le-serpent-aux-mille-coupures-e-valette\/\">Le Serpent aux Mille Coupures \u2013 E. Valette<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1431\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1431\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/split-m-night-shyamalan\/\">Split \u2013 M Night Shyamalan<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1433\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1433\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/star-wars-the-force-awakens-jj-abrams\/\">Star Wars \u2013 The Force Awakens -JJ Abrams<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1414\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1414\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/neuchatel-fantastic-film-festival-2015-bilan\/\">NEUCH\u00c2TEL FANTASTIC FILM FESTIVAL 2015 \u2013 Bilan<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1407\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1407\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/mad-max-fury-road-g-miller\/\">MAD MAX FURY ROAD \u2013 G. 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Nolan<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1388\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1388\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/dawn-of-the-planet-of-the-apes\/\">Dawn of the Planet of the Apes<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1440\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1440\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/the-raid-2-berandal\/\">The Raid 2 \u2013 Berandal<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1450\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1450\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/x-men-days-of-future-past-b-singer\/\">X Men Days of Future Past \u2013 B. 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Cuaron<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1442\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1442\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/the-wolverine\/\">The Wolverine<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1432\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1432\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/1099\/\">Star trek into darkness \u2013 JJ Abrams<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1416\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1416\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/oz-the-great-and-powerful-sam-raimi\/\">Oz the Great and Powerful \u2013 Sam Raimi<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1409\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1409\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/maniac-2013\/\">MANIAC (2013)<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1446\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1446\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/videogame-wasteland\/\">Videogame wasteland ?<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1437\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1437\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/the-hobbit\/\">The Hobbit<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1405\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1405\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/looper-r-johnson\/\">LOOPER \u2013 R. Johnson<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1444\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1444\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/total-recall-2012\/\">TOTAL RECALL (2012)<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1436\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1436\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/the-dark-knight-rises-c-nolan\/\">The Dark Knight Rises \u2013 C. Nolan<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1421\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1421\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/prometheus-r-scott\/\">PROMETHEUS \u2013 R. Scott<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1386\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1386\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/28\/cosmopolis-d-cronenberg\/\">COSMOPOLIS \u2013 D. 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Favreau<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1451\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1451\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/x-men-first-class-m-vaughn\/\">X Men First Class \u2013 M. Vaughn<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1379\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1379\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/balada-triste-de-trompeta-a-de-la-iglesia\/\">Balada Triste de Trompeta \u2013 A. de la Iglesia<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1443\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1443\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/thor-k-brannagh\/\">Thor \u2013 K. 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Verhoeven<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1425\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1425\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/scott-pilgrim-vs-the-world-e-wright\/\">Scott Pilgrim VS the world \u2013 E. Wright<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1411\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1411\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/monsters-g-edwards\/\">MONSTERS \u2013 G. Edwards<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1381\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1381\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/buried\/\">Buried<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1382\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1382\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/captifs-y-gozlan\/\">Captifs -Y Gozlan<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1413\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1413\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/natural-born-killers-oliver-stone-1994\/\">Natural Born Killers \u2013 Oliver Stone \u2013 1994<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1419\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1419\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/piranha-3d-a-aja-f-levasseur\/\">Piranha 3d \u2013 A Aja \/ F Levasseur<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1384\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1384\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/chatroom-hideo-nakata\/\">Chatroom \u2013 Hideo Nakata<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1420\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1420\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/predators-n-antal\/\">Predators \u2013 N. Antal<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1430\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1430\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/splice-ou-vincenzo-natali-vu-sous-langle-du-pamphlet\/\">Splice , ou Vincenzo Natali vu sous l\u2019angle du pamphlet<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1399\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1399\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/last-exorcism-daniel-stamm\/\">Last Exorcism \u2013 Daniel Stamm<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1412\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1412\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/moon-duncan-jones\/\">Moon \u2013 Duncan Jones<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1406\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1406\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/lovely-bones-peter-jackson\/\">Lovely Bones \u2013 Peter Jackson<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1428\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1428\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/shutter-island-m-scorsese\/\">Shutter Island \u2013 M. Scorsese<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1447\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1447\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/vynian-f-du-welz\/\">Vynian \u2013 F. du Welz<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1410\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1410\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/midnight-meat-train-ryuhei-kitamura\/\">Midnight Meat Train \u2013 Ryuhei Kitamura<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1404\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1404\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/26\/le-vilain-albert-dupontel\/\">Le vilain \u2013 Albert Dupontel<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1393\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1393\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/heathers-m-lehmann-1989\/\">Heathers \u2013 M. Lehmann \u2013 1989<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1397\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1397\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/979\/\">LA HORDE \u2013 Y. Dahan \/ B. Rocher<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1415\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1415\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/nightmare-on-elm-street-freddy-les-griffes-de-la-nuit-samuel-bayer\/\">Nightmare on Elm Street \u2013 Freddy les griffes de la nuit \u2013 Samuel Bayer<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1390\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1390\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/getting-any-beat-takeshi\/\">Getting Any\u00a0?\u00a0 Beat Takeshi<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1448\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1448\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/971\/\">Watchmen \u2013 Zack Snyder<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1385\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1385\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/chemical-wedding-le-diable-dans-le-sang-julian-doyle\/\">Chemical wedding \u2013 Le diable dans le sang \u2013 Julian Doyle<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1396\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1396\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/lautre-bernard-trividic\/\">L\u2019Autre \u2013 Bernard\/Trividic<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1376\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1376\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/rec-de-jaume-balaguero-et-paco-plaza\/\">[REC] de Jaume Balaguero et Paco\u00a0Plaza<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1378\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1378\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/a-history-of-violence\/\">A HISTORY OF VIOLENCE<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1423\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1423\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/recit-lovecraftien-et-cinema-memoire\/\">RECIT LOVECRAFTIEN ET CINEMA (m\u00e9moire)<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1424\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1424\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/index.php\/2023\/05\/25\/sabir-cyber\/\">Sabir cyber<\/a><\/li>\n<li id=\"menu-item-1408\" class=\"menu-item menu-item-type-post_type menu-item-object-post menu-item-1408\"><a href=\"https:\/\/fabienlegeron.fr\/?p=915\">Making of et captations<\/a><\/li>\n<\/ul><\/div>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-25 elementor-inner-column elementor-element elementor-element-e89d10\" data-id=\"e89d10\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NB : impossible de tout voir dans la programmation pl\u00e9thorique du NIFFF ; il aura fallu faire des choix. Certains films pr\u00e9sent\u00e9s (Love, Gaz de France&#8230;) ne seront donc pas trait\u00e9s ici, ainsi des films projet\u00e9s en r\u00e9trospective. De m\u00eame, les films sont \u00e9voqu\u00e9s th\u00e9matiquement et non rang\u00e9s par s\u00e9lection. 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